Chauffez votre nuque et autres
articulations, Badu revient après cinq ans d'absence. Ce que j'aime chez cette grande dame de la Nu Soul c'est son style coulé, ce petit goût sucré dans la vibe, ce confort d'écoute dans le
groove. Ecouter du Badu c'est confortable, il y a quelque chose de moelleux, comme un fondant au chocolat un après-midi d'hiver. Par dessus cette voix suave, un beat toujours aussi surpuissant,
un son lourd. C'est ce parfait mélange entre douceur et brutalité qui donne la recette du succès. Pour autant et c'est la nouveauté, le message se veut plutôt sérieux avec un titre
qui en dit long (4th world war... la 3ème étant en cours) et des sujets pas des plus burlesques : drogue, rapports avec la police, violence urbaine, ouragan Katrina, la guerre en Irak et divers
maux qui frappent la société américaine.
Le projet de Badu a également été porté par des collaborations fructueuses (Outkast, Common, Madlib et Roy Ayers !). Avec ça, les habitués ne seront pas déçus. Je me suis
d'ailleurs fais une entrorse avec le titre "The Healer", produit par Madlib (forcément!) avec un petit goût de curry, zen et stylé. Madame se la pète, envoutant, le son frappe, on savoure et le
message est clair : Hip-Hop, a new religion...
Interview "The Healer"
On notera également, un bien bel hommage à Jay Dilla avec le titre "Telephone". "Master Teacher" dans sa construction en deux partie rappelle le gros titre "I want you" (la fin électro de ce
dernier est juste grisante, à poster!) ou encore "Superwoman" de Stevie Wonder (Oh my dear, je n'ai pas encore posté ca!). Le morceau se décompose ainsi en deux partie distinctes : original et
réussi. On finira avec une touche légère avec le bonus track "Honey" avec en prime un clip des plus réussi. Watch it !
"Honey"
Au fait, vous voulez une bonne nouvelle ?! New Amerykah n'est qu'une première partie puisqu'on attend un ou deux autres opus pour cette année ! L'année 2008 c'est
l'année Badu. Vivement la deuxième vague groovy qui devrait nous arriver brulante au mois de juillet !
Cody Chesnutt, capé et barbu , nous arrive comme un doux prédicateur de
bons sons. La première fois que j'ai écouté son album The Headphone Masterpiece (excusez du peu !), je ne savais pas quoi en penser, un peu comme le nourrisson qui goute son premier bout de
fromage... mais qu'est ce que c'est ? C'est nouveau, je ne connais pas mais dieu que ca me semble agréable... Cet album avec ses imperfections marque à mon avis, un sacré renouveau
musical dans le monde de la soul. Je considère le phénomène en effet comme un chanteur soul pour son sens de l'interprétation avant tout, histoire de subjectivité... Pour le style, Cody Chesnutt
est en revanche inclassable, entre soul, hip hop, rock et blues (avec des bribes d'électro par ici et aussi par là). Bon vous l'aurez compris c'est en quelque sorte Monsieur Music, un touche à
tout, créatif à souhait et à partir de là, ses productions sont passionnantes. Quand au personnage et le mot est faible, c'est une rock star, capée, barbue, un look de roi mage, groovy et bien
déjanté. On avait pas encore vu ca.
Pour revenir sur son parcours, Cody Chesnutt a été compositeur pour le label gangster rap Death Row Records et guitariste au sein du groupe The Crosswalk. Après s'être fait virer par la maison de disque, il décide d'envoyer une démo en solo auprès de The Roots. Et tout commença avec "The Seed" son premier featuring
dans l'album "Phrenology" de The Roots sorti en 2002. Il s’est ensuite enfermé chez lui et a patiemment écrit, composé, enregistré et produit son premier
double album en solitaire, The Headphone Masterpiece (2002) ! L'album a été fait dans son garage (son propre studio rebaptisé The Sonic Promiseland) à coups
de guitare. Le résultat est bluffant mais inégale. Cependant, c'est là aussi ce qu'il y a d'appréciable dans cet opus, ce n'est pas très propre et les larsens arrivent à l'improviste pour
précèder trois notes qui groove de chez groove ! Destabilisant mais diablement plaisant ! C'est un peu comme le chocolat, pour l'apprécier il faut déjà
avoir mangé des salsifis dans sa vie... On notera également que sur son album, le Monsieur est un compositeur de génie avec des mélodies d'une fraicheur polaire qui sentent bon le neuf !
Cody Chesnutt ne ressemble à personne, en deux mots, un album créatif et innovant.
Après six ans d'attente, une deuxième
album intitulé "The Live Release" serait en préparation ! Le concept là encore, n'est pas commun puisqu'aux dires de Cody, cet album serait la résultante de ses voyages, de ses rencontres ; un
live qui en quelques sorte précèderait la sorti "commerciale" de l'album... Les attentes sont grandes mais à écouter le gentil medley qui tourne sur MySpace (ici), je pense qu'on devrait en avoir pour notre patience... En attendant (encore
un peu), je vous livre ce petit bijou musical et graphique réalisé par Michel Gondry et la pâte graphique de Angus Kneale. Le titre "King Of The Game" est tiré de l'évènement filmé et sorti en
DVD et CD : Dave Chapelle's Block Party (septembre 2006), là encore une création organisée et filmée par Michel Gondry... Le clip est à l'image de l'oeuvre de Cody : épuré et beau.
Funky, vous avez dit funky ? Sly and the Family Stone est funky ! Frais de l'haleine jusqu'aux souliers, le groupe s'apparente à de l'huile essentiel
de Funk.
Mais Sly and the Family Stone revet aussi une dimension politique et social puisqu'ils ont
accompagné l'émergence du mouvement hippy dans le courant des années 60. Tout commenca en 1967 lors du Summer Of Love de San Francisco (ville d'origine du groupe) avec le titre "Everyday
people" reprenant un message de tolérance dans la lignée de Martin Luther King. En 1968, ils remettaient ca avec "Dance to the music", c'était là le début d'une nouvelle ère funky. Ils
reprenaient ainsi le flambeau après le Funk engagé de James Brown mais en y ajoutant une touche joyeuse, un côté... frais !
De plus, la dimension politique du groupe se retrouvait dans ses membres : un groupe multiracial, une première ! A la tête du groupe,
Sly Stewart (dit Sly Stone) accompagné de son frère et d'une bande d'amis. Mais Sly and the Family Stone est aussi précurseur en matière de musique puisque Larry Graham, le bassiste du groupe
est à l'origine d'une technique de base révolutionnaire : la slap ! Avec leur troisième tube "Thank You", ils inventèrent un rythme s'appuyant sur ce jeu de pincements et de percussions des
cordes à la basse ! Depuis Marcus Miller & Co ont poursuivi...
Cet extrait à Woodstock est donc à regarder avec un oeil historique ce qui rend la chose d'autant
plus émouvante. Car oui, je vous le dis, cette vidéo va vous secouer (hehe) certes pour sa facette historique comme je viens de vous l'exposer mais avant tout pour la prestation de Sly qui
disons le, est simplement charismatique avec un final... en feu ! Ce petit film depuis Woodstock met les frissons, c'est ce qu'il y a de plus beau dans le funk : une joie simple et jouissive,
une musique qui vient du ventre et des pas de danse à vous bruler une paire de sneakers dans la soirée...
I want to take you Higher - Sly and the Family Stone - Woodstock 1969
Aujourd'hui, le groupe se produit ponctuellement mais ne compte plus les musiciens de l'epoque. Quant à Sly Stone, il fait de rares apparitions sur scène quand le
souffle lui revient... On pouvait les voir en France en 2007.
Notons néanmoins (et surtout) qu'on peut toujours se régaler avec les vieux albums du groupe ("Stand", "Dance to the music",
"Fresh"...) en version remasterisée sortis en 2007 : nouvelles pochettes, bonus tracks en tout genre, que du bonheur !
Stevie Wonder a la batterie c'est comme une mésange au printemps, ca gazouille, c'est joyeux et ca rend heureux... C'est ce qui me marque le plus chez ce gentil génie, cette joie
de nous en mettre plein les oreilles à chacune de ses prestations. Il envoie du lourd le garçon, un solo percutant, vous rendant béat d'admiration, ca me redonne le sourire, le voir et
l'entendre. Bon j'arrête là parce que je crois que j'en fais déjà un peu trop mais que voulez vous, si les femmes sont toute ma vie, Stevie is my man !
Ambiance smooth, un sens du
groove au millimètre, D'Angelo est la référence de la Nu Soul.Chicken Grease est tiré de l'album
Voodoo sortien 2000 et fait partie des incontrournables alors je vous le livre sans originalité
mais avec joie et quelque part, par obligation !Omettre de publier ce live sur Funky Motion serait en
effet sacrilège !Chicken Grease en live c'est net et précis...
Let me tell ya bout the chicken grease stuffs and things to make the people get out ya seat everybody its cool if u wanna clap your hands and stomp ya feet come on down to the front where you can feel the beat from the left to the right the back the middle and the front dont be uptight shake it off do what u want pump it in the club get a little bit a rub a dub I know u love me cos I'm funky cos I jus wanna show u some love
chicken grease
chicken grease
2 get 2 the otha side yall cross the road but not the kid see im like that old bucket of crisco thats sitting on top of the stove simmer to a sizzle like the days of old but I'll wait till I've mastered this let the others go first so the brothers wont miss fried till its burned and crisp
say we be cooking so the funksters can raise their fist like this now u know how its goin down start at your neck then thru your back then it works its way down 2 ur feet so unique come on everybody lets dance to the beat I jus wanna put u down I just want yall to get down everybody come on and get down 2 the chicken grease
If you wanna come on down to the front baby yo its cool everybody fakin the funk ima put u in skool take a lesson from adolescent 2 man i got the music and the instruments use em as my weapons at hand everybody on the floor if u listening to me clap your hands stomp your feet I just wanna put u down I jus want yall to get down everybody come on and get down 2 the chicken grease
Avis à la populas ! Un documentaire en six épisodes sur l'histoire de la musique Soul est actuellement diffusé sur France 5 ! Produit par la BBC sous une approche historique (de la Motown
au Hip-Hop), la réalisation est de qualité variant entre témoignages d'anciennes stars et documents d'époque. Immanquable! Les épisodes à venir sont les suivants :
Terminons cette année dans la joie
et la bonne humeur. Pour ce faire, quoi de mieux que This Christmas de Donny Hathaway ?!
Un avant goût joyeux et léger pour découvrir Donny Hathaway, la référence en matière de Soul et pour passer un Noël frais et funky
!
Nous aurons l'occassion de reparler de ce génie, de retracer sa carrière et de mettre l'accent sur l'impact de son oeuvre lors d'un "Tribute to
Donny Hathaway" à venir...
En attendant, écoutons ce titre, à savourer au pied du sapin en déballant vos cadeaux...
Renée Neufville a débuté au sein du groupe Zhané, fondé à Philadelphie en 1993. Jean Norris et Renee
Neufville se rencontrent pendant leurs études de musique. Le duo impressionne Kay Gee du groupe de rap Naughty by Nature qui l'invite à enregistrer Hey, Mr DJ (mais oui c'est elle !) sur
la compilation Roll wit tha flava. Ce titre sort en single en 1993 et permet à Zhané de décrocher un contrat
avec une maison de disques. Le groupe enregistre son premier album Pronounced jah-nay avec les singles Groove thang (encore elle !) et Sending my love. Entre 1995
et 1996, Zhané participe à des titres avec Busta Rhymes et De La Soul et enregistre des morceaux pour les compilations NFL jams et NBA 50th anniversary ainsi que pour les musiques des films
Higher Learning et A Low Down Dirty Shame. Le duo revient en 1997 avec l'album Saturdaynight dont est extrait le single
Crush.
Les présentations étant faites, commençons par un peu de nostalgie avec le titre au combien funky sortie en 1994 sur l’album Pronounced jah-nay : Groove thang ! En
toute logique, ca doit vous dire quelque chose...
Groove Thang
Elle a ensuite multiplié les représentations au sein du RH Factor, fabuleuse formation entre Jazz, Funk et Soul, aux côtés du génial Roy Hargrove. On peut la retrouver sur les albums du RH
Factor : Hardgroove (2003), Strenght (2004) et Distractions (2006). Si vous aimez les potins (from narcagg8 !), sachez que la collaboration des
deux artistes ne se limitait pas qu’à l’amour de la musique. Leur dernière rupture sur scène va ainsi chercher d’autres raisons…Mais Funky Motion n'ayant pas vocation à "mouliner de la semoule", je vous invite à écouter avec plaisir
Renee Neufville et Roy Hargrove sur Forget Regrets et Crazy Race...
Forget Regrets (live 2005) tiré de l'album Hardgroove (2003)
Crazy Race (live) tiré de l'album Distractions (2006)
L’arrêt du duo ne marque pas pour autant, la fin de l'ascension de notre "brave Renee", ce n’est que le début et son agenda 2008 nous le confirme ! A vos
calpins !
-Renee Neufville/Pete Rock/Chip fu "War" on Pete Rocks Upcoming
album slated for February 2008 release (single)
- The Foundation/ Bilal/ Renee Neufville "Skylight" on upcoming Foundation Album(Chris Dave) 2008
- Featured on Terrence Howards upcoming Sony/BMG release 2008
- Enfin l'album Sovereign sortira en février 2008
Mademoiselle nous promet également une "surprise" pour septembre 2008...
En attendant, terminons en beauté avec deux magnifiques lives qui à mon sens, sont une bonne idée de la couleur du prochain album : SOUL !
Après l'album Voodoo
sorti en 2000, un dernier featuring ô combien plaisant avec Common (So far to go, Finding Forever, Common, juillet 2007), des
albums sous forme de mix-tape ou de lives (Live at the Jazz Cafe, 1996 ; The soul of D'Angelo, 2006) on attend depuis maintenant bien longtemps le prochain "véritable" album de
"Monsieur Smooth".
Et bien ça ne sera pas celui-ci ! Cet album n'est pas du 100% D'Angelo mais bien une succession de lives et de reprises. On retrouve également des titres déjà vus dans les albums précédents :
I found my smile again, Everybody loves the Sunshine (excellente reprise de Roy Ayers : cf Funky Vibraphone Battle), She's always in my hair (Prince) et Heaven must be like
this... Ce qui fait tout de même le quart de l'album en présence...
Alors que reste-t-il ? Un peu de neuf tout de même, avec le très bon Really love et Your love is so cold... On notera également les reprises suivantes
: Superman Lover de Johnny Guitar Watson, I"m so glad you're mine de Al Green, Sweet Sticky Green de Ohio Players et Can't hide love de Earth Wind and
Fire...
Mécontent ?! Vous ne le serez pas, même si j'en conviens, tout ceci est un peu léger.
Le son est toujours lourd et smooth. J'ai notamment apprécié l'improvisation jazzy Go back 2 that thing (smooth!) à écouter au coin du feu en oscillant
votre petit menton, "l'outro" Fair but so uncool ainsi qu'un énorme live aux airs funky sur Devil's pie ! Enfin, à noter, la qualité sonore
des titres est inégale et globalement pas très bonne.
Yoda The Monarch of Neo-Soul est un album pour fans impatients, voilà ce que l'on peut retenir. Pour ceux qui souhaitent découvrir D'Angelo, privilégiez Voodoo et Brown
Sugar. Cet album sonne finalement plus comme un "petit rappel" ou peut être, le prémice du prochain "véritable album" ...
1. Features
2. Really love 3. I found my smile again 4. Your love is so cold 5. Heaven must be like this 6. Everebody loves the sunshine 7. Superman lover 8. Devil's pie 9. Send it on me 10. Can't hide love 11. I'm so glad you're mind 12. Sweet sticky green 13. Sexy little things you do 14. She's always in my hair 15. Go back 2 that thing 16. Fair but so uncool